DINAH WASHINGTON

Dinah Washington

R.I.P.  29 août 1924  –  14 décembre 1963

Black to thee Music - Dinah Washington - logo header
Biographie

Dinah Washington doit une partie de sa renommée aux turbulences de sa vie privée
(divers mariages, alcool, scandales, excès en tous genres…).

Surnommée « La Reine du Blues de Harlem », coqueluche de l’Apollo,
Dinah Washington est de toutes les chanteuses de jazz la plus attachée au blues.

Ce qui n’empêche qu’en véritable musicienne de jazz,
elle était capable de transformer n’importe quelle chanson, même la plus banale,
en une sorte de déclaration toute personnelle, tout comme Billie Holiday.

Cela lui permettant de compenser le manque de discernement
qui lui était imposé
par sa maison de disques quant à son répertoire.

Black to the Music - Dinah Washington
Dinah Washington - (c) Everett Collection / REX)

De son véritable nom Ruth Lee Jones, elle est née le 29 août 1924 à Tuscaloosa en Alabama, c’est à Chicago qu’elle passa une grande partie de sa jeunesse. Là, elle commence à chanter et jouer du piano avec la chorale de son église baptise. A quinze ans, elle remporte un crochet au Regal Theater. En 1940, elle tourne avec un groupe de gospel, les Sallie Martin Singers.

Après avoir découvert les disques de Billie Holiday, elle opte pour la musique profane et se produit au Garrick Club, toujours à Chicago où après l’avoir entendue, Lionel Hampton l’engage dans son orchestre, dont elle fera partie entre 1943 et 1946. Le chef d’orchestre-vibraphoniste donnera plus tard sa version des faits :

On m’avait parlé de cette fille qui travaillait dans les toilettes d’un club mais qui passait plus de temps devant la scène parce qu’elle voulait chanter avec les musiciens…
Je suis donc allé l’écouter. Ce jour-là, elle a interprété deux blues qui m’ont bien plu. Puis elle est venue au Regal Theater où je passais avec mes musiciens. Elle a fait un essai qui m’a définitivement séduit. Aussi l’ai-je engagée en lui demandant de changer de nom et de devenir 
Dinah Washington, ce qu’elle a acceptée, ravie d’obtenir le job.

Black to the Music - Dinah Washington and Lionnel Hampton
Dinah Washington and Lionnel Hampton, Strand Theater New York, 1945 - (c) Frank Driggs

Parallèlement, dès le 29 décembre 1943, le célèbre critique de jazz Leonard Feathers lui fait enregistrer deux de ses propres compositions,« Evil Gal Blues » et « Salty Papa Blues », pour le label Keynote.

Et l’année où elle quitte Hampton, Dinah signe un contrat d’artiste solo avec les disques Mercury chez qui elle va classer « Am I Asking Too Much » (1948) et « Baby Get Lost » (1949) à la première place du hit-parade black dont elle sera rarement absente jusqu’en 1961.

Le 14 août 1954, devant un public réuni dans un studio de Los Angeles, Dinah enregistre l’album Dinah Jams. Accompagné par le batteur Max Roach, les trompettistes Clifford Brown et Clark Terry, reprenant des standards tels que « Summertime » ou « I’ve Got You Under My Skin », elle réalise un album qui constitue l’un des monuments de l’histoire du jazz vocal.

En 1957 et 1958, elle rend hommage à deux personnages majeurs de l’épopée du jazz et du blues en consacrant à Fats Waller et Bessie Smith deux albums, Dinah Washington Sings Fats Waller et Dinah Sings Bessie Smith.

Black to the Music - Dinah Washington (photo by michael ochs)
Dinah Washington - (c) Michael Ochs

Quelque mois plus tard, en juillet, elle donne un excellent récital dans le cadre du festival de Newport où, soutenue par le batteur Max Roach, elle y interprète des standards comme « Lover Come Back To Me », « All Of Me », reprend également quelques titres de Bessie Smith : « Back Water Blues » et « Me And My Gin ».

Black to the Music - Dinah Washington 1959
Dinah Washington 1959 - (c) William Claxton

L’année suivante, elle fait la conquête du public blanc avec la chanson « What A Difference A Day Makes » et remporte le Grammy Awards de la meilleure performance R&B.

Elle va désormais publier des disques avec des formations qui n’ont plus grand-chose à voir avec le jazz, exception faite de ses séances en 1961 avec Quincy Jones, qui l’avait déjà enregistrée quelques années plus tôt pour les albums Queen & Quincy en 1955, The Swingin’ Miss D. en 1957.

Black to the Music - Dinah Washington and Quincy Jones
Dinah Washington and Quincy Jones

Durant le début des années 60, elle cède à la vague de la soul/rock en enregistrant des duos avec le chanteur Brook Benton avec notamment la sortie de l’album Two of Us.

Black to the Music - Dinah Washington and Brook Benton
Dinah Washington and Brook Benton

Joe Williams, regrettant la disparition des chanteuses de blues, affirmera dans une interview pour la revue Downbeat que, selon lui, Dinah Washington en demeure la reine. Et il profite de l’occasion pour ajouter :

On ne peut s’empêcher d’assimiler certains épisodes de sa vie aux drames qui se jouent à l’intérieur de ces blues qu’elle interprète, tant leurs paroles prennent une vie, une vérité intense…

C’est le 14 décembre 1963, alors qu’elle se repose chez elle entre deux séries de concerts, que Dinah s’éteint à la suite d’une crise cardiaque due à un abus de somnifères et d’alcool. Ainsi disparaissait en pleine gloire celle qui fut un modèle pour des chanteuses comme LaVern Baker, Esther Phillips, Dionne Warwick, Diana Ross ou Patti Austin.

Le 28 février 1964, Aretha Franklin sort un album hommage à cette grande chanteuse, Unforgettable: A Tribute to Dinah Washington. Elle déclara :

J’étais une enfant quand j’ai entendu Dinah pour la première fois, à l’époque où elle a fait ‘Fat Daddy.’ Je ne l’ai jamais vraiment connu personnellement, bien qu’elle et mon père étaient de bons amis.

L’idée de lui rendre hommage m’est venue de ce qu’elle m’a toujours fait ressentir. Je n’ai pas vraiment essayé de reprendre les chansons de la même façon qu’elle – simplement comme je les sentais le mieux, que ce soit similaire ou différent.

Black to te Music - Dinah Washington timbre 29cents
En 1993, le bureau de poste américain a émis un timbre-poste commémoratif de 29 cents destiné à Dinah Washington.

En 2005, le conseil des commissaires a renommé un parc, près de celui où Washington avait vécu à Chicago dans les années 50, le Dinah Washington Park en son honneur. Il est l’un des quarante parcs à être nommé d’après des personnalités afros-américaine.

En 2008, Tuscaloosa, la ville de natale de Dinah a renommé le tronçon de la 30e avenue (entre la 15e rue et Kaulton Park) Dinah Washington Avenue.

Le 29 août 2013, la ville de Tuscaloosa a également dédié a rénové un ancien bâtiment (Allen Jemison Hardware, 620 av. Greensboro), en tant que centre des arts culturels Dinah Washington récemment rénové.

Black to the Music - Dinah Washington - Cultural Arts Center
Discographie