HI RECORDS

Hi Records - english version


Le succès fulgurant de Sun Records avec Elvis Presley a suscité des vocations à Memphis. L'un des premiers à créer une maison de disques dans la lignée de celle de Sam Phillips est un disquaire de la ville du nom de Joe Cuoghi qui s'allie à un voyageur de commerce en quincaillerie et guitariste nommé Quinton Claunch pour créer sa compagnie Hi - un clin d'oeil superstitieux au mot hit.

 

the Funky Soul story - logo Hi Records

Le recrutement de Carl McVoy , un coussin de Jerry Lee Lewis, ne suffit pas à assurer le lancement du label qui survit tout juste jusqu'au succès à la fin de 1959 de Smokie - Part. 2 par le Bill Black Combo, la formation de l'ancien contrebassiste d'Elvis.

 

Bill Black Combo - Smokie - Part. 2 

 

the Funky Soul story - Bill Black and Joe Cuogi with a Hi single of Smokie Part 2 by Bill Black's Combo

 

Claunch n'a pas eu la patience d'attendre et il a quitté le navire dans l'intervalle, ce qui ne l'empêchera pas de réussir quelques années plus tard en recrutent James Carr pour sa propre firme, Goldwax. Resté seul maître à bord de Hi, Cuoghi se spécialise dans l'enregistrement d'instrumentaux à une époque où les orchestres de danse ne manquent pas dans la région de Memphis.

 

Outre Bill Black et son saxophoniste Ace Cannon, Hi diversifie sa production à partir de 1961 en s'engageant sur la voie du rhythm & blues avec le chef d'orchestre et trompettiste Willie Mitchell. A terme, c'est dans ce domaine que la marque va trouver sa vitesse de croisière lorsque Mitchell développe ses talents de producteurs avec O.V. Wright et Bobby Bland. Dans un premier temps, Mitchell utilise le studio Royal - un ancien cinéma, situé au 1320 Lauderdale Street dans le quartier noir de Memphis, que Cuoghi loue depuis les débuts de la compagnie - principalement pour le compte d'autres maisons de disques jusqu'au jour où il convainc Cuoghi de faire une entorse à sa politique éditoriale instrumentale en recrutant pour Hi des chanteurs de soul, une espèce en pleine expansion à Memphis à la fin des années 1960 grâce au succès de Goldwax et de Stax.

 

the Funky Soul story - Willie Mitchell

Le studio Royal

 

Le catalogue soul de Hi s'enrichit à partir de 1969 de personnalités aussi diverses qu'Ann Peebles, une chanteuse de Saint-Louis encore inconnue, Al Green dont Mitchell va s'employer à faire une star, et par la suite Otis Clay et Syl Johnson, deux piliers de la scène chicagoanne, sans oublier Donald Bryant.

 

 

Grâce à sa formation de chef d'orchestre, Mitchell est en contact avec les meilleurs musiciens de la ville, ce qui lui facilite la tâche lorsqu'il décide de monter pour ses artistes une formation de studio solide et fiable. Outre les batteurs Al Jackson Jr. des MG's et Howard Grimes, la section rhythmique Hi est constituée autour du noyau dur formé par les frères Hodges : Mabon à la guitare, Charles à l'orgue et Leroy à la basse ; au piano il est généralement fait appel au beau-fils de Mitchell, Archie Turner.


the Funky Soul story - The Hi Rhythm Section

 

Jusqu'à la vente de Hi Records à la firme de Cream à Los Angeles en 1979, la section Hi Rhythm contribuera largement au son caractéristique des disques Hi, construit autour de l'orgue Hammond de Charles "Do Funny" Hodges, des arpèges blues de Mabon dit "Teenie" et de la sonorité profonde de la basse de Leroy dit "Flick". A force d'enregistrer à la chaine les hits de Green, Ann Peebles ou O.V. Wright, la section rhythmique Hi décide de sortir en 1975 un 45t. Black Rock, puis l'année suivante l'album On The Loose.

 

Black Rock

 

Au cours des deux dernières décennies du XXè siècle, alors que la soul sudiste renaissait grâce à la popularité du style soul-blues, Howard Grimes et les frères Hodges ont profité de leur réputation pour participer, individuellement ou collectivement, à de nombreux enregistrements derrière Bobby Rush, Lynn White, Otis Clay (I'll Treat You Right, 1992), Syl Johnson (Back In The Game, 1994), ou encore l'harmoniciste de blues Willie Cobbs (Jukin', 2000). En 1994, ils enregistraient même Perfect Gentlmen sous leur nom pour la petit marque Velvet en compagnie d'un quatrième pianiste, Fred, et du chanteur Percy Wiggins, mais la machine rhythmique Hi semble désormais appartenir au passé depuis que Charles a renoncé au rhythm & blues pour se consacrer au gospel.

 

 

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source : Encyclopédie du Rhythm & Blues et de la Soul (éditions Fayard, 2002)